LA NEWSLETTER DE WEYLAND & COMPAGNIE / N°18 / Juin 2026
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VOILÀ L’ÉTÉ ! Pour certains, la période de l’été annonce le repos, les vacances… Pour d’autres, ce n’est pas le cas, malheureusement. Et pourtant on dit sans ciller à tout le monde : Bonnes vacances !! En espérant tout de même que si rien de mirifique ne se profile à l’horizon, ce soit quand même l’occasion de nouvelles rencontres, lectures, sorties… Weyland et Cie quant à elle se prépare à des projets clownesques et théâtraux, d’écriture et d’engagement contre toutes les formes de discriminations dans le cadre de la Politique de la Ville soutenue par la Préfecture et la ville de Cergy. Nous jouerons aussi le spectacle Harceler c’est pas jouer, et Ces ombres qui glissent qui sera Maison de Quartier des Linandes le 29 août à 18h et le dimanche 30 août à 14h30 au Fait-Tout à Montreuil (entrée libre, participation au chapeau, infos : 06.83.08.38.90). Nous imaginerons enfin l’année prochaine, avec son lot d’ateliers et de spectacles. Dans cette newsletter d’été, vous trouverez DANS LE RETRO des nouvelles d’un film réalisé avec des lycéens en partenariat avec Expli’cité, association d’accompagnement scolaire. Ils ont imaginé deux scénarios illustrant les dangers des réseaux sociaux. Et l’annonce de la sortie d’un nouveau livre dans LUMIERE SUR… : Lui mordre, un polar sous haute tension… Jean-Pierre Weyland
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Quatre jours pour imaginer, écrire et tourner
Weyland et Compagnie a sollicité Expli’cité, association d’accompagnement scolaire, pour un projet sur les dangers des réseaux sociaux avec des lycéens de Cergy. Le but, développer leur créativité à travers le cinéma, et ce, en quatre jours seulement. Ce projet a été soutenu par la Politique de la Ville dans le cadre de la Cité Educative grâce à la Préfecture et au soutien de la commune de Cergy.
Tout commence dans la grande salle de la Lanterne (merci au Collectif de nous y accueillir), avec quelques jeux pour briser la glace et une idée : imaginer un monde où le port de l’uniforme devient obligatoire dans tous les lycées. Cette réforme fictive déclenche une grande grève, et génère deux histoires imaginées par les jeunes ancrés dans cette nouvelle réalité. Très vite, les idées se développent, les groupes se forment et chacun trouve sa place sous la houlette de Maya Susset et Esteban Temple (vidéastes). Certains écrivent, d’autres imaginent les prises de vues, les acteurs se proposent, tandis qu’Hawa (une jeune accompagnée par Expli’cité) se porte volontaire pour prendre les commandes de la réalisation. Ce qu’elle réussira avec brio. Timide au premier abord, elle gère les plateaux d’une main de maître. Au fil des jours, les personnages se dessinent et les rôles sont distribués parmi les jeunes. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, dans une ambiance relaxante bien que sérieuse.

Les deux scénarios imaginés par les jeunes sont intrinsèquement liés. Suite à la fameuse grève, deux amis s’ennuient et veulent faire passer le temps. L’un s’amuse à arnaquer des inconnus sur Instagram avec des concours, mais finira, lui aussi, arnaqué. L’autre, se perd dans les jeux vidéos et en oublie la vraie vie. Suite à un choc, il tombe dans le coma, et se voit tourmenté par ce qui l’amusait tant, martyriser des personnages de jeu.
Le tournage débute. Une salle de bain transformée en chambre d’hôpital, la scène de la Lanterne devient une chambre et les espaces extérieurs servent de décor à des scènes d’action. Entre éclats de rire, prises répétées et imprévus techniques (notamment les lieux qui offrent une résonance affreuse à entendre). Chacun redouble d’effort pour faire avancer les projets, personne ne lâche et tous font preuve d’une patience impressionnante. Des bouteilles récupérées dans les poubelles aux portes maintenues ouvertes discrètement pendant les scènes, les galères se transforment en souvenirs.

Jour après jour, les deux courts-métrages prennent forme. Les jeunes découvrent les exigences du jeu d’acteur, de la patience que ça requiert et du travail en équipe qui se montre fondamental. Lorsque le clap de fin retentit, c’est avec la satisfaction d’avoir mené à bien une aventure collective, riche en souvenirs et en moments de partage, mais aussi en apprentissage pour les adolescents. Une expérience où la créativité, la persévérance et le travail collectif auront permis de transformer quelques idées en deux films, et un fantastique bêtisier.

Agathe Emonnot
Des lycéens passionnés par le cinéma
Elhadji : Jeune lycéen en seconde et sportif, il arrive le premier jour avec une attelle. « Ça m’a bien occupé pendant les vacances ! J’ai aimé tourner. Même recommencer des prises pour avoir un meilleur résultat, c’était satisfaisant. Et puis, c’était très libre, surtout car on a pu choisir les scénarios. »
Hawa : Lycéenne en seconde, elle est discrète et s’intéresse au cinéma, aux livres et à la politique, malgré son jeune âge. « C’était très amusant. J’ai bien aimé donner des ordres en tant que réalisatrice. »
Théo : Lycéen en seconde. Il fait beaucoup de blagues, compliquant les prises les plus sérieuses mais rendant d’autres bien amusantes. « J’ai surtout aimé les exercices de théâtre et les mises en scène. J’ai appris de nouvelles choses et cet atelier m’a aidé à être plus à l’aise à l’oral. »
L’association Expli’Cité mode d’emploi
Expli'Cité est une association d'accompagnement scolaire. Leur mission est de prévenir le décrochage, de développer la confiance et la motivation chez les jeunes du CE1 à la terminale. Tout cela pour leur permettre de pouvoir choisir leur avenir.
Ils accompagnent des jeunes du CE1 à la terminale de façon hebdomadaire et personnalisée, avec de nombreuses sorties culturelles, un axe parentalité (pour créer du lien et rassurer les familles dans leur rôle éducatif).
Cette association accompagne plus de 475 jeunes. Ancrée sur le territoire de Cergy avec une volonté de s'adapter au mieux aux besoins des jeunes et leurs familles. Ils interviennent au sein des collèges et en extérieur pour permettre l'accompagnement au plus proche des jeunes.
Chaque année, ils cherchent de nouveaux bénévoles pour devenir mentor auprès des jeunes 1 à 2 heures par semaine.
Photos Maya Susset
UN POLAR TRES NOIR ET CRU
Sortie d’un nouveau livre de fiction, LUI MORDRE (le désir d'on ne sait quoi). Inspiré (sans l'être complètement) du genre des romans policiers de gare, c'est un mélange de pulsions très crues (sex, drug and violence) sur 140 pages haute tension.
L’histoire : une jeune fille délaissée par sa mère part vivre une vie d’aventures violentes et sexuelles jusqu’à vivre un cauchemar. Sa rédemption sera trépidante. Jusqu’à ce que la voix qui la poursuit inlassablement ne se taise. A jamais.
Merci à Catherine Lesauvage pour les photos - dont certaines ont été fabriquées pour le livre, la majorité étant puisées dans son catalogue. A Clara Gerber pour la relecture. Et la belle mise en page de Fred Jély.
On peut le lire directement sur le net (envoi du lien à la demande, gratuit) ou imprimé (5 euros + le port).
Jean-Pierre Weyland

Quelques extraits
« A vingt ans on n’est rien. Normalement. Enfin dans ce monde ci. Au Moyen-Age on était tout à cet âge-là : reine divinité mère putain en fin d’exercice…
Aujourd’hui vingt ans ce n’est rien. Même pas le plus mauvais moment de sa vie. Rien. Un devoir d’inventer pour exister enfin. Grappillé des choses depuis le temps. Me suis fait plaisir. Pour en faire quoi ? Quelle mission ? Me suis envoyée en l’air tant et tant. Mais la chair est triste au réveil. Il me faut concevoir non un bébé j’ai barré le truc mais une œuvre quelque chose qui me rende fière. Il faut que j’accouche. Que je me perpétue. A moi-même. Je sais c’est un peu égocentré.
L’autre est partie la centenaire ou je ne sais quel âge mais c’est pas beau à voir. Quel sera mon Graal ? Ma mythologie ? Il me faut m’incarner. Capito ? »
« Je prends de moins en moins de précautions. Juste changer de ville. J’écume la banlieue. Commence à faire les gros titres. Meurtrier en série. Personne n’a encore imaginé qu’une femme pouvait avoir ce mode opératoire. J’en suis fière à tomber du balcon. Etonnant et rare de tuer tant d’hommes. Les profileurs s’en donnent à cœur joie. Un ami dans la police me donne quelques versions : un homme de trente ans qui frappe en aveugle on a même son portrait (rigolo il ressemble à un de mes anciens voisins j’ai même songé un instant à le faire condamner) ; puis un trans qui se venge de clients indélicats… Jamais une femme donc. Et je salive de plaisir. Me roule de joie. C’est vraiment mon truc ! Confusion des rôles. Absence de scrupules. »